Éditos Points de vue

A propos d’inclusion des enfants handicapés à l’école…

Quelques jours après la polémique sur l’inclusion des enfants handicapés à l’école, Cyril Douillet, rédacteur en chef, d'Ombres & Lumière exprime sa position sur le sujet.
cdelagoutte
Publié le   à 17h20
2 min
A propos d’inclusion des enfants handicapés à l’école…

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L’inclusion est actuellement le mot d’ordre incontournable dans le monde du handicap. Après l’insertion et l’intégration, qui indiquaient une dynamique favorable pour les personnes handicapées, mais présupposaient qu’elles étaient foncièrement à part, l’expression d’inclusion ou de société inclusive met l’accent sur une appartenance commune, et sur la nécessaire mixité entre valides et plus fragiles au sein du corps social. A Ombres & Lumière, au nom de la conviction profonde que les personnes handicapées y ont non seulement toute leur place, mais qu’en plus leur présence parmi les autres peut être bénéfique à tous, nous avons soutenu et soutenons cette vision, du monde scolaire au monde de l’entreprise, en passant par l’art, le sport et l’Eglise.

Marche forcée

Toutefois il ne faudrait pas que cette bonne idée de l’inclusion se transforme en idéologie à marche forcée. Or on mesure ce risque en lisant le récent rapport d’une experte de l’ONU, Catalina Devandas-Aguilar, suite à sa visite en France l’an dernier. Elle y appelle le gouvernement français à « fermer progressivement les institutions et à les transformer en services implantés dans la communauté ». Outre que les expériences de désinstitutionalisation à l’étranger ne sont pas toujours concluantes (comme en Italie), on peut se demander si une telle dynamique ne serait pas extrêmement compliquée pour les plus fragiles, personnes polyhandicapées ou atteintes d’autisme profond par exemple.

Communion

Au fond, l’enjeu est bien de ne pas créer, au nom de l’inclusion, de nouvelles normes, et une nouvelle… exclusion. Car l’institution a aussi pour rôle de protéger, au sein d’une société pas toujours aussi bienveillante qu’on le rêve. Et si, dans un premier temps, on développait davantage de passerelles entre les univers protégés (IME, ESAT, etc.) et le milieu «ordinaire»? Ce serait une voie raisonnable pour grandir dans une véritable… communion.

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