Culture

Bandes dessinées : la sélection coups de coeur d’Ombres & Lumière

cdelagoutte
Publié le   à 9h00
4 min
Bandes dessinées : la sélection coups de coeur d’Ombres & Lumière

Générez un lien unique pour permettre à quelqu'un de lire cet article gratuitement.

Laissez vide pour générer un lien partageable
Lien généré avec succès !
Ce lien permet d'accéder à l'article sans restriction pendant 30 jours.

Alors que le festival international de la BD à Angoulême ouvre ses portes ce 31 janvier, Ombres & Lumière vous initie aux bandes dessinées qui racontent le handicap. Qu’elle soit historique, autobiographique ou pédagogique, la BD, à travers son graphisme et son scénario, nous plonge autrement dans la vie d’une personne handicapée. Voici une sélection coups de coeur du 9ème art.

Les BD autobiographiques

Ce n’est pas toi que j’attendais, de Fabien Toulmé (Delcourt, 2014, 256 p., 22,50 €)

L’auteur, dessinateur, a choisi de témoigner de l’arrivée de Julia dans sa vie, dont lui et sa femme ont découvert la trisomie à la naissance. Il retrace avec pudeur et délicatesse les sentiments traversés, de l’effroi à la joie d’accueillir ce bébé «différent ».

Les veilleurs, de Yann Dégruel (Delcourt, 2023, 176 p., 22,95 €)

Contraint de prendre un deuxième emploi, Yann Dégruel se retrouve veilleur de nuit dans une maison pour personnes autistes. Il a tiré de cette expérience peu commune une BD au graphisme un peu instable, mais qui retrace fidèlement les nuits interrompues par les soins, les insomnies, les crises.

Ephemera, de Briana Loewinsohn (Komics Initiative, 2024, 208 p., 23 €)

Avec une déconcertante économie de mots, l’auteur américaine nous invite dans les souvenirs ténus de sa propre enfance, endolorie par l’absence récurrente de sa mère malade psychique. Le lecteur suit la jeune femme grâce à des dessins qui se substituent l’un à l’autre avec douceur, de sa vie de petite fille à celle d’adulte.

Les BD récits, reportages

John Bost, de Vincent Henry & Bruno Loth (La Boîte à Bulles, 2017, 144 p., 22 €)

En 1850, la personne handicapée est l’idiot, le gâteux. De nombreux établissements existent, mais la plupart du temps, ce sont des asiles d’aliénés de bien mauvaise réputation. Un pasteur protestant, John Bost, a l’intuition que l’amour de Dieu s’adresse aussi à ces personnes démunies. Il fonde, à la Force, en Dordogne, un village d’accueil où chacun est mis en valeur. C’est l’itinéraire de ce personnage que retrace ce roman graphique. De facture classique, il croque un portrait authentique d’un homme dans un monde régi par la rigueur du protestantisme de l’époque.

Les âmes fendues, de Jean-Luc Loyer & Xavier Bétaucourt (Steinkis, 2024, 128 p., 22 €)

Dans cette BD-reportage, le lecteur s’immisce dans l’âpre quotidien des professionnels de l’hôpital psychiatrique Camille Claudel, et de leurs patients. La parole est longuement donnée à chacun d’eux ainsi qu’aux proches des personnes malades.

Les BD qui sensibilisent

Le petit astronaute, de Jean-Paul Eid (La pastèque, 2021, 156 p., 26 €)

Juliette, une jeune femme d’une vingtaine d’années, se remémore l’arrivée bouleversante de son petit frère, Tom, né avec une paralysie cérébrale. Le lecteur sera touché par l’histoire de ce « petit astronaute » et de sa famille confrontée au handicap. Les dessins sont très réalistes et le récit, teinté d’humour et de poésie, est inspiré de l’histoire de l’auteur canadien.

Nos cœurs tordus (tomes 1 et 2), de Séverine Vidal (Bayard, 2023, 56p., 12,50 €)

Vladimir a les genoux qui se cognent, la démarche tordue et ne se déplace jamais sans sa canne. Mais cela n’empêche pas le jeune collégien de vivre sa vie en grand. Cette BD a reçu le prix des collèges du festival d’Angoulême, en 2024.

Pourquoi tu te moques ?, de Émilie Weight & Korrig’Anne (Leduc, 2023, 160 p., 20,95 €)

Dans cette bande dessinée au graphisme épuré, avec des personnages aux yeux expressifs, l’auteur raconte le quotidien de son fils aîné, Mike, porteur du syndrome de l’X fragile. Ce témoignage aide à mieux comprendre cette maladie rare tout en donnant au lecteur une belle leçon de vie.

Caroline de la Goutte, le 30 janvier 2025

À ne pas manquer