Ce papa raconte la rencontre de sa fille polyhandicapée avec le pape : « Ce fut un moment entre terre et ciel ! »

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Ce papa raconte la rencontre de sa fille polyhandicapée avec le pape : « Ce fut un moment entre terre et ciel ! »

Pour Ombres & Lumière, Jérôme, papa d’Aimée, 13 ans, polyhandicapée revient sur la rencontre entre le pape Léon XIV et sa fille à la Maison Bakhita, avec l'association A bras ouverts. Un instant d’éternité.
Christel Quaix
Publié le   à 10h31
4 min
Ce papa raconte la rencontre de sa fille polyhandicapée avec le pape : « Ce fut un moment entre terre et ciel ! »
© Vatican Media.

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Nous avons vécu un moment suspendu, un pied sur terre et un pied au ciel. Samedi matin, Aimée, devait rencontrer le pape à la maison Bakhita conduite par Laetitia, une accompagnatrice d’ABO (À bras ouverts). Deux membres de la famille étaient autorisés à l’accompagner dans le hall d’entrée de la maison. J’y étais avec Paul, le petit frère d’Aimée. Annabelle, mon épouse, avait laissé sa place de maman pour que Paul puisse vivre ce moment. Spontanément, je n’y avais pas pensé mais c’était très beau qu’Aimée puisse offrir un tel cadeau à son frère.


Quand le groupe s’est dirigé vers le deuxième étage, nous avons suivi le mouvement et nous nous sommes retrouvés dans la salle où le pape allait venir. C’était inespéré et en même temps, c’était bien que je sois là avec Lætitia pour garder Aimée la plus calme possible. L’attente jusqu’à l’entrée du pape était déjà chargée d’émotion. Nous avons assisté à tous les préparatifs, à la répétition des chants. C’était très fort.


Un moment suspendu

Puis le pape est arrivé. Il a prononcé un discours très puissant où il a rappelé que l’accueil du plus vulnérable était le plus beau, accueil qui rendait heureux celui qui donne et celui qui reçoit. Puis le Saint-Père est venu à la rencontre des personnes présentes. J’ai pu lui parler deux minutes qui m’ont semblé être une éternité. J’ai l’ai d’abord remercié pour les mots qu’il venait d’avoir sur les aidants qui allaient nous donner des forces. Je lui ai ensuite présenté Aimée qui ne parle pas, qui ne marche pas mais qui exprime toute sa sensibilité avec ses yeux.

Je lui ai dit comment concrètement, chaque soir à la prière, nous nous étions préparés en famille à cette rencontre. Le pape avait une capacité d’écoute incroyable avec un regard très présent qui captait tout. Il regardait Aimée d’une façon très intense pendant que je lui parlais. Puis Léon XIV m’a remercié pour ce que je lui disais.


Pour finir, le lui ai parlé de son amour pour le tennis. « C’est vrai », m’a-t-il répondu avec son beau sourire. Et je lui ai offert le porte-clés Roland-Garros que j’avais acheté et fait graver avec le prénom d’Aimée et la date de l’audience. Il a levé sa chasuble et l’a mis directement dans sa poche. Je me souviendrai de ce moment jusqu’à la fin de mes jours. Je pense qu’il n’y a aucune raison qu’il l’ait enlevé de sa poche de la journée. Il a dû célébrer la messe à la Concorde avec Aimée. J’ai découvert ensuite qu’Annabelle avait vu en direct à la télévision que nous étions avec le pape et j’en suis terriblement heureux.

« Léon XIV avait une capacité d’écoute incroyable avec un regard très présent qui captait tout. Il regardait Aimée d’une façon très intense pendant que je lui parlais. »

Un message bien au-delà d’Aimée
L’après-midi, Aimée a regardé la messe à la télévision avec sa grand-mère. Elle était très réceptive devant l’écran. Et quand on lui montre des photos sur nos téléphones, on voit à son regard qu’il se passe quelque chose. Depuis samedi, elle est très joyeuse, elle chante beaucoup. Elle va bientôt devoir porter un imposant corset. C’est certain que ce que nous avons vécu va nous aider à passer cette étape.

Mais le message va bien au-delà d’Aimée. Ce moment béni nous pousse au témoignage. Cela nous porte et porte les autres. Nous avons déjà des retours très forts de personnes pas forcément proches de la foi ou du handicap. La vulnérabilité d’Aimée nous met sur des chemins incroyables où nous ne serions jamais allés sans elle. Après avoir eu un petit avant-goût du paradis, il faut maintenant atterrir mais continuer à se laisser porter et à répéter inlassablement que nous devons aimer profondément, les petits, les pauvres, les vulnérables.

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