Culture relax : rendre le cinéma accessible aux personnes handicapées

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Culture relax : rendre le cinéma accessible aux personnes handicapées

Créée il y a vingt ans par des parents d’enfants porteurs de handicap, "Culture Relax" œuvre pour rendre les lieux de culture inclusifs. Carole Jullienne, coordinatrice du réseau des cinémas, se réjouit de voir cette initiative comme une première expérience en famille.
Guillemette de Préval
Publié le   à 16h49
3 min
Culture relax : rendre le cinéma accessible aux personnes handicapées
En France, 95 cinémas sont conventionnés "relax" © T. Guillaume

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Comment fonctionnent vos séances ?

La particularité de l’initiative « Culture Relax », c’est qu’elle est réellement inclusive. Nos séances ne sont pas dédiées aux personnes handicapées et à leurs familles : n’importe qui peut venir à une de nos « séances relax » pour profiter d’un film à l’affiche. En revanche, les codes habituels du cinéma sont assouplis, et le prix de l’entrée est moindre. Un mot d’accueil ouvre la séance pour en présenter la spécificité. Le silence n’est pas de mise, il n’y a pas de bande-annonce avant le film, le son est moins fort et les lumières s’éteignent progressivement. Chaque spectateur peut vivre ses émotions comme il le souhaite, bouger, sortir… Et des bénévoles sont présents pour les aider si besoin.

Sans cela, les familles n’oseraient-elles pas venir d’elles-mêmes ?

On ne mesure pas l’exclusion culturelle qui existe dans le champ du handicap. Sans cet accompagnement, beaucoup n’oseraient pas franchir la porte d’un cinéma ou d’un théâtre par peur du regard des autres. Ce sont des univers tellement feutrés. Tous les assouplissements mis en œuvre apaisent beaucoup les familles. Et souvent, tout se passe très bien. Ce sont des séances finalement assez silencieuses. Lorsque j’y ai participé au départ comme bénévole pendant deux ans, quelle joie de voir arriver une famille qui venait au cinéma pour la première fois « tous ensemble » !

Est-ce difficile de convaincre les cinémas ?

Aujourd’hui, on n’a plus besoin de les démarcher. Les cinémas viennent nous solliciter. On commence à rayonner. Mais le délai entre le premier rendez-vous et l’effectivité du projet est incertain. Cela peut prendre du temps. Nous avons désormais une centaine de cinémas labellisés « Culture Relax ». En revanche, il existe encore des départements où nous ne sommes pas du tout présents. On compte sur le bouche-à-oreille. L’autre grand défi est d’aller se faire connaître auprès des familles concernées. C’est aux cinémas d’aller chercher ces publics, mais cela reste compliqué.


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