Fondation Anne de Gaulle : « Notre village sera accessible à tous les handicaps »

Avis dʼexpert

Fondation Anne de Gaulle : « Notre village sera accessible à tous les handicaps »

Clarisse Ménager est la directrice générale du projet de village inclusif de la fondation Anne de Gaulle, qui accueillera une centaine d’habitants porteurs de tout type de handicap. Dans ce projet original, tout est pensé en amont pour rendre l’environnement du quotidien adapté à chacun et ouvert sur le monde.
Guillemette de Préval
Publié le   à 10h18
3 min
Fondation Anne de Gaulle : « Notre village sera accessible à tous les handicaps »
Le village accueillera tout type de handicap © Fondation Anne de Gaulle

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Les habitants avec un handicap seront appelés « pionniers » dans le village accessible que vous vous apprêtez à ouvrir. Pourquoi ?

L’ambition est de les aider à créer leur « chez eux », tout en restant ouvert sur le reste de la ville, grâce à un village adapté pleinement à leurs besoins. Parmi les 103 «pionniers» qui y vivront, certains ont une déficience intellectuelle légère, ou un polyhandicap plus lourd, d’autres des atteintes cognitives plus ou moins sévères… Le village est pensé comme le neuvième quartier de la commune de Montigny-le-Bretonneux, dans les Yvelines. Nous œuvrons pour que des rencontres incarnées se fassent entre les habitants et ces «pionniers», malheureusement trop souvent invisibilisés.

Quels seront ces moyens pour favoriser cette rencontre ?

Le village propose des tiers lieux qui permettent la «rencontre accompagnée» car nous ne voulions pas que ce quartier du village devienne une sorte de « ghetto » pour les personnes handicapées. La place du village sera l’endroit le plus propice, avec un café, un restaurant ouvert sur la ville, une médiathèque, un espace cinéma, un banc de la rencontre, une chapelle… En fait, on l’a conçu comme un vrai village. Tous ces lieux sont censés favoriser des temps de rencontres car nous avons cette conviction qu’elle peut transformer profondément les personnes: à la fois les «valides», et les personnes handicapées elles-mêmes. Cette réciprocité est importante.

Comment équilibrer cette ouverture sur le monde et la sécurité des personnes accueillies ?

C’est évident qu’il nous faut gérer cette tension. L’idée est de ne pas mettre les habitants derrière des barrières, mais de prendre en compte leurs besoins de sécurité, car elles restent vulnérables. Il y aura 200 points de contrôles pour accéder à ce village, via un système de badges et de bracelets. Les visiteurs devront montrer leurs papiers d’identité avant d’être accueillies par des personnes du village, pour permettre de bonnes conditions de rencontre.

« Tout doit être adapté à toutes les situations de handicap, et pas seulement motrice. Ce principe passe d’abord par l’usage de la communication alternative améliorée (CAA). Elle a été la colonne vertébrale du village. »

On pense souvent à l’accessibilité pour le handicap moteur, plus visible. Comment avez-vous pensé l’accessibilité pour tous ?

Les aménagements ont été guidés par le principe de l’accessibilité universelle. C’est-à-dire que tout doit être adapté à toutes les situations de handicap, et pas seulement motrice. Ce principe passe d’abord par l’usage de la communication alternative améliorée (CAA). Elle a été la colonne vertébrale du village. Car, si on ne donne pas les clefs pour communiquer, la rencontre est impossible. Avec les yeux, toucher, la langue des signes, les pictogrammes… Ce n’est pas parce qu’on n’oralise pas qu’on n’a rien à dire!

Cette accessibilité universelle s’est aussi construite dans le choix des couleurs des espaces, des matières, des lumières, la sonorisation et la structuration … Pour qu’une personne autiste puisse être accompagnée, son environnement doit d’abord être aidant. Et nous avons fait attention à ce que l’ensemble soit beau! Pour les personnes qui y habitent et les professionnels qui y travaillent, c’est une question de dignité.

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