Loin des slogans

Chroniques

Loin des slogans

Sophie de Coatpont
Publié le   à 19h05
3 min
Loin des slogans

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On entend beaucoup parler de psychiatrie en ce moment, pour de nombreux motifs : manque de moyens de l’hôpital, manque de psychiatres, pénurie de médicaments, « coming out » de célébrités sur le sujet, Grande Cause Nationale 2025, plan gouvernemental, faits divers psychiatrisés… Et l’on entend beaucoup moins parler de « rétablissement » des personnes les plus concernées. S’il s’agit selon moi du sujet central, je pense surtout qu’il peut inspirer une bonne partie de la solution.

On peut se réjouirde la croissance des lieux aux « pratiques orientées rétablissement », d’associations qui font du plaidoyer en ce sens, un développement de la pair-aidance professionnelle, et plus généralement une prise en compte de notre parole de personnes concernées et de nos projets, l’importance accordée à la reprise de notre pouvoir d’agir…

Des témoignages de personnes concernées par les troubles psychiques et surtout par le rétablissement, ont été scrutés depuis des dizaines d’années. De leurs récits sont nés des « balises » pour l’accompagnement. Des études longitudinales ont corroboré le résultat de ces études narratives pour constituer le célèbre modèle « CHIME* » qui reprend cinq traits communs aux récits de personnes en rétablissement : être connecté aux autres, l’espoir, l’identité, le sens de la vie, et la reprise du pouvoir d’agir. Ce modèle validé scientifiquement devrait largement inspirer ceux qui sont en mal de propositions crédibles et fécondes… N’est-ce pas de désespoir, de crise d’identité, de manque de sens, d’isolement et de manque de liberté dont notre société crève, et nos jeunes en première ligne ?

Sur le terrain, de nombreux organismes travaillent fort heureusement à construire des ponts, à retisser le lien social, à inclure les autres, -quand bien même ceux-ci seraient atteints d’un trouble psychique, et à favoriser ainsi leur rétablissement. Loin des projecteurs, loin des slogans creux, j’observe que nous sommes beaucoup à nous engager personnellement pour transformer nos vulnérabilités en force, pour nous-mêmes et pour nos pairs. Je le constate au niveau de la santé mentale, de l’addictologie et au niveau social. Ces engagements de « pair-aidants », pionniers encore en France – dont le métier n’est pas encore reconnu, conjugué à la créativité des associations me donnent un espoir fou pour le rétablissement des personnes; et pour un « rétablissement social » dont notre société a cruellement besoin.

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