« Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan » : une ode à l’amour maternel avec Leïla Bekhti
En 1963, Esther met au monde Roland, petit dernier d’une fratrie de six et porteur d’un pied bot. Les médecins veulent appareiller l’enfant. Esther s’y refuse et promet à son fils qu’il marchera sans être appareillé et qu’il aura une vie fabuleuse. Dès lors, tenir cette promesse sera le combat de sa vie. Elle enchaîne les rendez-vous médicaux, fait face aux services sociaux qui menacent de lui enlever son fils mais rien n’arrête cette mère haute en couleurs, inébranlableet habitée d’un amour inconditionnel pour son fils.
Ma mère, Dieu et Sylvie Vartanest l’adaptation du livre autobiographique de Roland Perez paru en 2021: «Jusqu’à la disparition d’Esther, ma mère, je n’avais jamais parlé de mon handicap. Après son départ, j’ai eu envie de raconter cette histoire pour lui rendre hommage, ainsi qu’à toutes les mères invisibles qui se battent pour leur enfant. Je voulais leur donner du courage et de l’espoir, le tout avec l’humour incroyable de ma mère», écrit-il.
Le scénario se déroule à Paris dans une famille juive sépharade des années 60 jusqu’aux années 2010. Cette histoire à la fois singulière et universelle, c’est celle d’une mère qui se donne corps et âme à son enfant, terriblement envahissante, voire étouffante, mais à qui on pardonne tout. Dans la première partie du film, on assiste à la bataille qu’elle mène pour libérer son fils de son handicap. Dans la seconde, c’est la lutte du fils qui tente de s’émanciper de sa mère.
Une mère terriblement envahissante, voire étouffante, mais à qui on pardonne tout.
Le casting de ce long métrage est particulièrement bien pensé. Leïla Bekhti incarne durant des dizaines d’années, par la grâce de son interprétation et la magie du maquillage, Esther, cette mère extravagante que rien n’arrête, ni les mensonges, ni les grands professeurs de médecine: seule contre tous, elle croit que son fils marchera, et reste persuadée qu’un miracle va se produire. Roland, petit garçon, est interprété par Naïm Naji, très attachant, puis c’est Jonathan Cohen qui lui donne, avec une grande finesse et de façon très convaincante, ses traits à l’âge adulte. Fan de Sylvie Vartan, il connaît toutes ses chansons par cœur et c’est grâce à elle qu’il apprendra à lire. La chanteuse joue d’ailleurs avec beaucoup d’humilité son propre rôle dans le film.
En quittant la salle de cinéma, on reste habité longtemps par les personnages de cette histoire infiniment délicate et, que l’on soit passionnés ou non, les airs de Sylvie Vartan tournent en boucle dans la tête. Ce long-métrage, ode à l’amour maternel, à sa persévérance face à l’adversité, est une parenthèse bienfaisante d’humour et d’optimisme.
Film de Ken Scott avec Leïla Bekhti, Jonathan Cohen, Joséphine Japy et la participation de Sylvie Vartan, en salles le mercredi 19 mars 2025.