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Secouriste en santé mentale, à quoi ça sert ?

Animée par la conviction profonde que la santé mentale nous concerne tous, l’association Premiers Secours en Santé Mentale France (PSSM) propose des formations destinées à reconnaître et accompagner les premiers signes de détresse psychique. Pour Marie Le Yannou, cette formation peut changer le cours d’une vie qui dérape.
Solange du Hamel
Publié le   à 11h27
3 min
Secouriste en santé mentale, à quoi ça sert ?
© PSSM.

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Pourquoi former des secouristes en santé mentale ?

Parce qu’une main tendue peut changer la vie. Je le constate dans ma pratique de psychologue : en santé mentale, le soutien familial, amical ou professionnel mis en place rapidement peut vraiment faire la différence. Lorsqu’une difficulté apparaît, c’est comme si on prenait un train dans la mauvaise direction. Plus on s’éloigne, plus revenir sera long. Le secouriste en santé mentale est celui qui se sent légitime pour aider un proche ou un collègue à descendre du train ou à le prendre dans l’autre sens.

Comment se passe concrètement une formation Premiers secours en santé mentale ?

En deux jours, la formation présente les principaux types de souffrance psychique : dépression, troubles anxieux, troubles psychotiques ou liés à l’utilisation de substances, avec des addictions. Les participants apprennent à repérer les signes de troubles émergents, même sans crise visible, à identifier les situations d’urgence et à soutenir une personne dont les difficultés s’aggravent. On aborde aussi les préjugés, nombreux, pour chacun des troubles. Le contenu pédagogique s’appuie sur un socle scientifique validé par des professionnels et une association de personnes concernées par la santé mentale. La formation peut se dérouler en entreprise. Des modules dédiés aux adolescents et aux adultes travaillant avec des jeunes sont également proposés.

Comment le secouriste peut-il intervenir dans une situation de détresse psychique ?

Son rôle est de déclencher le bon type d’action au bon moment. Il approche d’abord la personne en difficulté et évalue rapidement sa situation : Est-elle en crise ? Y a-t-il une urgence nécessitant une aide immédiate ? Certaines crises alertent tout de suite, d’autres sont plus insidieuses. Selon le contexte, le secouriste va assister lui-même la personne en l’écoutant ; la réconforter et l’encourager à consulter un soutien adéquat à sa situation. Il se fait le relais des ressources d’aide existant sur le territoire. En cas d’urgence, il alerte directement des professionnels compétents.


C’est du vécu

« Je sais réagir face à une crise d’angoisse »
Étudiante en psychologie, j’ai apprécié les exemples concrets donnés lors de la formation aux premiers secours en santé mentale, comme savoir réagir face à une crise d’angoisse, par exemple. Je me sens mieux préparée et plus confiante. Je l’ai mesuré le jour où j’ai croisé un homme qui parlait seul dans le métro et s’approchait un peu trop des rails. J’ai osé lui parler – je savais comment m’y prendre – et j’ai alerté les agents de la RATP.
Marie

« Je suis devenu sensible aux petits signes »
 Être secouriste en santé mentale me permet d’être attentif à l’autre en ayant la bonne posture. Je suis plus sensible à tous les petits signes révélant qu’une personne a peut-être besoin d’aide. Une collègue habituellement enjouée était plus distante depuis quelque temps. J’ai observé qu’elle avait les épaules affaissées, le regard fuyant. Avec bienveillance, sans être intrusif, je lui ai demandé comment elle allait et lui ai suggéré d’en parler à son médecin.
Arnaud


Qui sont-ils ?

  • 8 à 16 personnes sont accueillies par session de formation. Il faut simplement avoir plus de 18 ans pour y participer.
  • Plus de 226 000 secouristes ont été formés depuis le lancement du programme en 2018.
  • 74 % des secouristes sont des femmes. 30 % ont entre 35 et 44 ans.

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