J’ai toujours estimé que le rétablissement était favorisé par le travail psychothérapeutique. Peu à peu, j’ai constaté que mon chemin de rétablissement passait aussi par la foi, et que ces deux domaines s’enlaçaient plus qu’il n’y paraissait au premier abord.
J’ai investi la psychothérapie dès l’apparition de mes symptômes, vers l’âge de 16 ans. J’ai multiplié les «psys» issus de diverses écoles de psychothérapie pendant de nombreuses années. C’est toute ma vie qui a été défrichée, analysée, relue, interprétée…
Le fait de passer autant de temps en psychothérapie m’a fait prendre un pli psychologique, cette mauvaise habitude de m’analyser en permanence. Pendant des années, j’ai vécu le nez sur moi, et cette attitude a fini par constituer un nouvel handicap. Il aurait fallu une thérapie pour désapprendre à me regarder!
En guise de thérapie, c’est plutôt dans le secret d’une confession que j’ai fait l’expérience étonnante de la libération de ce mental envahissant. Dieu ne semble pas faire de tri entre ce que nous discernons être nos «péchés», et nos fardeaux psychologiques: Il brûle le mal au feu de Son amour…
Dans mon voyage au pays des psys, une rencontre avec une Gestalt thérapeute (une méthode thérapeutique pour approfondir la connaissance de soi) a été particulièrement marquante : j’ai bénéficié d’un lien bienfaisant et protecteur au moment où j’en avais le plus besoin. Cette thérapie spécifiquement basée sur la relation m’a fait expérimenter l’attachement et grandir dans la sécurité intérieure.
J’ai récemment débuté une thérapie basée sur les neurosciences : l’Intégration du cycle de la vie (ICV), qui consiste à permettre au cerveau de traiter et intégrer les évènements traumatiques de la vie, par l’écoute répétée de la liste de ces évènements. Paradoxalement, j’ai commencé par travailler sur l’intégration des évènements positifs de ces dernières années. Peu à peu j’intègre à cette ligne du temps, les évènements de vie plus douloureux, accompagnée de ma psychologue.
Aujourd’hui, je peux voir à quel point le fait d’avoir débroussaillé mon histoire m’aide à entrer plus facilement dans cette forme de thérapie qui me fait faire de grands bonds en avant. Et je vois aussi, combien ce travail humain sous-tend ma croissance spirituelle.
Que de trouvailles précieuses sur mon chemin: de belles rencontres, quelques thérapies fécondes, mais aussi et surtout, l’Amour du Christ qui dépasse tout travail humain… La combinaison de ces facteurs constitue, selon moi, un socle très solide de rétablissement personnel.
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