Gabrielle de Tournemire : « Tant mieux si mon récit peut libérer la parole sur l’amour entre personnes handicapées »
D’où cette histoire vous est-elle venue ?
Je suis partie un an en service civique dans un foyer d’hébergement pour personnes handicapées mentales. Avant, le handicap ne m’était pas familier, et je m’agaçais de la gêne parfois ressentie. Au foyer, j’ai remarqué combien le sujet des relations amoureuses revenait souvent. Ce qui m’a étonnée, c’est le hiatus entre ce désir et la façon dont celui-ci était considéré par les responsables du foyer. Tout était encouragé pour que les personnes accompagnées soient autonomes au travail, ou dans les transports, mais, face à cette demande affective, peu de choses étaient pensées.
Comment avez-vous construit le roman ?
J’ai voulu créer une sorte de tube à essai en faisant se rencontrer ces deux protagonistes avec un handicap mental. Quels seraient les obstacles, les conditions de réussite à cet amour naissant ? J’ai voulu y entremêler l’histoire des parents, leur façon de faire grandir leur enfant et de voir leur handicap… J’ai aussi fait intervenir un éducateur, proche du jeune Hector. J’ai traité ce sujet de façon transversale.
Quels retours avez-vous eus ?
Lors d’un festival littéraire, une mère d’un enfant handicapé s’est effondrée en larmes devant moi. J’ai été très touchée. Elle m’a dit combien elle avait trouvé le propos du livre très juste. J’avais rencontré de nombreux éducateurs et personnes handicapées, mais je connaissais moins le point de vue parental. Je craignais d’être maladroite. Tant mieux si ce récit peut libérer la parole sur ce sujet.
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