Les veilleurs handicap ouvrent les paroisses
Quel est le rôle précis des veilleurs ?
Les personnes en situation de handicap et leurs familles sont malheureusement très peu présentes dans les paroisses. La mission du veilleur consiste à les repérer, à identifier leurs besoins et à les inclure dans la communauté locale. Attentif aux particularités de chacun, le veilleur va chercher à faciliter la participation à la messe : comment mieux voir, mieux entendre, monter les trois marches pour lire une lecture, par exemple. Il s’intéresse aussi aux besoins spirituels de la personne : veut-elle recevoir un sacrement, venir à un groupe de réflexion, participer à un service? Une entraide fraternelle peut ensuite s’organiser autour des besoins de la vie courante.
Comment les veilleurs sont-ils choisis ?
Devenir veilleur demande des qualités humaines simples : être à l’écoute, discret, réactif, accueillant, avoir un bon relationnel. Point important, le veilleur, pratiquant, doit être bien inséré dans la vie de la paroisse pour pouvoir répondre aux demandes spirituelles, faire le lien avec le curé et mettre les gens en relation. Les candidats sont souvent déjà sensibilisés au handicap. En mission pour trois ans en binôme, ils participent à des journées de formation organisées par le diocèse et sont en réseau avec les autres veilleurs de leur territoire.
Quels sont les résultats de ces veilles actives ?
Beaucoup de changements se font sans bruit et s’opèrent petit à petit : il faut être patient. Mais ici et là, des familles osent participer à la messe avec leur enfant, qui va ensuite suivre une catéchèse spécialisée. Des personnes en situation de handicap s’inscrivent au pèlerinage des malades à Lourdes, qu’ils ne connaissaient pas. Des résidents de structures spécialisées peuvent venir à la messe. D’autres rendent service à l’accueil, font la quête ou de la musique. Ces initiatives, qui existaient peut-être avant, sont beaucoup plus acceptées et officielles. La présence discrète des veilleurs permet à chacun de trouver sa place.
Ils en parlent
Marie, veilleuse à Saint-Nazaire : « Avec Véronique, ma binôme veilleuse, nous sommes un peu des antennes radar à l’affût des besoins des personnes en situation de handicap ou âgées. Pour trouver des solutions concrètes, un tableau permet de mettre en relation les demandeurs d’aide et les volontaires. Les besoins sont très divers, d’une demande liturgique à la garde d’un enfant souffrant de handicap, ou à une petite réparation dans la maison ».
Angélique, non-voyante : « Nouvelle arrivante à Saint-Nazaire, je suis allée un peu par hasard à la messe. Isolée, mal à l’aise, je m’apprêtais à partir quand Marie m’a abordée et m’a parlé de sa mission de veilleuse. Elle est la première à avoir établi un contact avec moi. Elle m’a fait rencontrer d’autres personnes ce jour-là, et garde le lien en m’envoyant de petits messages pour savoir si tout va bien. J’ai pu lui faire part de mes besoins très concrets. Et je viens de démarrer un parcours Alpha. C’est dur d’arriver dans une nouvelle ville quand on ne voit pas, mais la relation avec les autres change tout ! »
