Sarah Pachoud, dans le film « Qui brille au combat » : « J’appréhendais un peu ce rôle de Bertille »
Comment avez-vous accueilli ce rôle de Bertille, une jeune femme polyhandicapée non-verbale?
Ma rencontre avec Bertille et sa famille a été une étape importante, car les personnages du film sont directement inspirés d’eux. Joséphine Japy a été dans une grande transparence sur ce qu’elle voulait faire pour son film, inspiré par sa propre histoire. Nous avons passé du temps dans une Maison d’accueil spécialisée (MAS) pour préparer le tournage, où nous avons très bien été accueillis. J’appréhendais un peu ce rôle particulier de Bertille, par peur d’une sorte de voyeurisme. Mais dès les premiers jours, je me suis sentie totalement en confiance, grâce à l’enthousiasme et l’énergie contagieuse de Joséphine Japy. L’apprentissage a été très fluide, parce qu’elle nous a introduits de la meilleure des manières à son univers, celui du handicap.
Comment êtes-vous entré dans ce monde à part ?
Joséphine Japy a l’art de rendre les mondes poreux : elle sait faire se rencontrer son monde et notre monde, alors même qu’elle a vécu à l’adolescence cette séparation entre d’un côté ses amis, sa vie sociale, et de l’autre sa famille, qui restait une sphère fermée. Quand je pense qu’elle a fait monter au printemps dernier ses sœurs et ses parents sur les marches du festival de Cannes !
Gardez-vous certains souvenirs marquants du tournage?
Je me souviens d’un moment particulier avec Joséphine Japy lors du tournage, pour enregistrer un son seul: pour me faire reproduire les sons de sa sœur, elle me dirigeait comme une chef d’orchestre, en silence, avec tout son corps: cette capacité de communiquer sans passer par le langage m’a impressionnée. Cette séquence m’est apparue comme une danse où tout était clair, sans avoir besoin de recourir aux mots, ce qui correspondait très bien au film.